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La fin de la fiction : essai réussi

En collaboration avec Théâtre Catapulte d’Ottawa, la compagnie Nuages en pantalon invite le public à une foisonnante réflexion sur notre réalité collective en se plongeant dans les interstices de sa « genèse ». Tels un essai ou un documentaire en condensé, le projet La fin de la fiction nous propulse de l’invention de l’imprimerie de masse aux plus récentes innovations de l’Internet, en passant par Buffalo Bill, Disney, Timothy Leary et Steve Jobs.

Anne-Marie Olivier quitte la direction du Trident

Le Trident annonçait se matin le départ d’Anne-Marie Olivier de ses fonctions de codirectrice générale et directrice artistique en juin prochain. La programmation 2022-2023 qui sera dévoilée le 4 avril prochain sera donc sa dernière à la barre du Trident.

L’ENVERS : un chaos aux allures surréalistes

Qui, enfant, n’a pas joué au restaurant, comme on joue à l’école ou au docteur ? C’est comme si le service de table faisait partie de notre ADN et on oublie souvent qu’il s’agit en fait d’un métier qui nécessite de multiples apprentissages. Dans la nouvelle production L’Envers, de la compagnie Parabole, la jeune serveuse en entraînement, Emmanuelle (Laura Amar), l’apprend rapidement à ses dépens.

Je suis mixte : un drôle de n’importe quoi

Je suis mixte est d’abord l’histoire de François (Benoît Mauffette), propriétaire d’une entreprise de nettoyage de Drummondville, qui a une révélation soudaine sur le (non) sens de sa vie lors d’un voyage d’affaires à Berlin. La chaleur du sauna et l’effervescence des pistes de danse provoquent chez lui un conflit intérieur où s’entrechoquent tradition et désir d’une vie euphorisante. C’est aussi l’histoire de son oncle (Yves Jacques) qui rejoint son neveu loin du quotidien maison-travail-Costco afin d’assumer son homosexualité en toute liberté. Les deux comparses partagent leur histoire au public dans une performance artistique décousue, aux côtés de The Ghost, un musicien flegmatique à l’accent germanique (Navet Confit).

Run de lait : un parcours qui abreuve l’esprit

Pour avoir du lait, il faut traire la vache. En soi, le procédé est assez simple. Mais quand vient le temps de monnayer ce lait, de le transformer, de le commercialiser et de légiférer sur la gestion de l’offre, les choses se complexifient grandement. Run de lait, une coproduction de la compagnie VA arts vivants et du Théâtre du Trident en collaboration avec six diffuseurs de Montréal, Saint-Jérôme, Valleyfield, Alma et Longueuil, est un spectacle qui aborde avec humour et conviction le rôle des différents acteurs de cette importante institution agricole. Il en dissèque le fonctionnement et met en relief ses mécanismes de contrôle.

À travers mes yeux : une oeuvre bonbon

Véritable symphonie de formes, de couleurs et de sons, À travers mes yeux est un spectacle où les sens et les émotions sont sollicités. Cette production de la compagnie de danse contemporaine Bouge de là, dont le travail est exclusivement tourné vers le jeune public, est un enchantement tant pour les yeux que pour les oreilles.

Blackbird : un face-à-face déroutant

Blackbird est, pour le moins qu’on puisse dire, une pièce bouleversante. Présentée au Périscope du 16 février au 5 mars 2022, cette production de L’Apex Théâtre nous plonge dans l’histoire insolite de Una et de Ray. Alors qu’elle était âgée de 12 ans et lui de 40, ceux-ci ont développé une relation amoureuse, jusqu’à ce que la famille d’Una et la police l’apprennent et que Ray soit envoyé en prison pour six ans. Mais voilà que, quinze ans plus tard, elle tombe sur une photo de lui dans un dépliant d’entreprise. Encore hantée par cette période trouble et éprouvante de son enfance, elle décide d’aller à la rencontre de celui qui fut, pour elle, à la fois son amoureux et son agresseur. Elle se rend sur le milieu de travail de Ray et le confronte; elle cherche à comprendre les intentions de cet homme avec qui elle a partagé son intimité. Una se remémore les moments qu’ils ont partagés ensemble et qui l’ont marquée à jamais. Elle tente de retracer ce qui les a liés.

Aime-moi parce que rien n’arrive : Une partition – deux interprétations

Librement inspirée de Mademoiselle Julie, une œuvre phare du théâtre scandinave écrite par August Strindberg en 1888 durant sa période dite « naturaliste », Aime-moi parce que rien n’arrive reprend dans ses grandes lignes la trame narrative de la pièce originale. Dans le cadre d’une fête au domaine, Julie, une jeune aristocrate, séduit Jean, le valet de son père, lequel est fiancé à Kristin, la cuisinière. Avec Aime-moi parce que rien n’arrive, la fête se déroule dans la résidence d’été du père de Julie (Ariane Bellavance-Fafard). Le huis clos dans lequel évolue l’intrigue met en présence deux employés du père : Jean (Gabriel Fournier) et Christine (Catherine Côté). Les protagonistes s’affrontent dans une sorte de duel amour-haine et usent de tous leurs artifices pour atteindre leurs buts.

Mononk Jules : Héros tragique nimbé de failles

Entre le monologue et le théâtre documentaire, Mononk Jules relate le parcours du Huron-Wendat, Jules Sioui, un homme plus grand que nature qui, au 20e siècle, a lutté pour l’autodétermination des peuples autochtones afin qu’ils parviennent à s’affranchir de l’hégémonie qu’exercent sur eux les autorités politiques canadiennes. Mais comme rien dans la vie n’est jamais tout à fait noir ni tout à fait blanc, l’auteur, metteur en scène et interprète de la production, Jocelyn Sioui, pressent que les actions militantes de son grand-oncle lui ont aussi servi à s’affranchir de ses propres démons et à se racheter auprès d’un Dieu qu’il respectait et vénérait.

Les filles et les garçons : hommage à la résilience

Les filles et les garçons, une production de La Manufacture mise en scène par Denis Bernard, se retrouve sur les planches de la Bordée du 7 au 18 décembre 2021. Créée dans sa version originale au Royal Court Theatre à Londres en 2018, ce monologue du dramaturge anglais Dennis Kelly pose un regard critique, sensible, mais acerbe, sur la société et ses violences.