L’Écrit : comme une ode initiatique

En montant à bord de l’autobus jaune de l’Ubus Théâtre pour assister à une représentation de L’Écrit, le temps s’arrête. Dans ce cocon feutré et intime, le public est convié corps et âme à écouter une fable marionnettique d’une infinie tendresse. Les interprètes de la production, Agnès Zacharie et Pierre Robitaille, y accueillent leurs hôtes en toute quiétude, créant des vibrations propices un état idéal de réceptivité. L’ensemble de l’espace scénographique — décor, musique et lumière —, concocté par Vano Hotton, Pierre Robitaille, Pascal Robitaille et Henri Louis Chalem, prête au recueillement et à la concentration. Avec L’Écrit, l’expérience théâtrale est totale, le spectateur étant d’emblée aspiré dans cet univers fusionnel.

L’amour au 21e siècle (selon wikiHow) : séduction express

Avec un nombre toujours croissant de couples formés en ligne et d’articles, vidéos, balados (alouette!) consacrés à la poursuite de l’impossible rêve amoureux sur les réseaux, il y a lieu de se demander comment et pour quoi exactement palpitent nos coeurs aujourd’hui.

Cadeau : ce qui me reste de toi – Des mots présents

Les mots sont des objets, des parcours, des pensées, des émotions, des souvenirs… Ce sont des cadeaux précieux qui permettent de nommer et de comprendre le monde, de nourrir l’esprit, de communiquer, d’organiser la vie. Marcelle Dubois, autrice de la pièce, Cadeau : ce qui me reste de toi et directrice artistique du Festival du Jamais lu qui se consacre notamment à la promotion et à la diffusion de diverses pratiques d’écriture, ainsi que Véronique Côté, metteuse en scène qui se plaît à marier théâtre et littérature, sont des amoureuses de la langue. Et cet attachement inconditionnel au langage et à la parole exulte dans l’œuvre dramatique et scénique qu’elles ont créée expressément pour les enfants.

Faire crier les murs : L’art thérapie

Jade, 13 ans, a le don de voir à travers les murs (à ce qu’elle dit), ce qui ne l’empêche nullement d’en ériger plusieurs autour d’elle : entre elle et sa mère, vedette de comédie musicale trop peu présente, entre elle et Tom, qui voudrait tant être son ami… Entre Jade et le monde se dresse une véritable muraille de protection.

Marguerite : le feu : L’héroïne oubliée

Quand on parle d’esclavage en Amérique, on pense aussitôt aux champs de coton du Sud, au ségrégationnisme américain et à ces colonies sudistes qui se sont bâties sur le dos de leurs esclaves. Et pourtant, l’esclavage existait aussi ici, en Nouvelle-France ! On lui consacre pourtant bien peu de lignes dans l’enseignement de notre histoire, au point où la majorité des gens ne savent même pas qu’il y a eu de l’esclavage au Canada.

La fin de la fiction : essai réussi

En collaboration avec Théâtre Catapulte d’Ottawa, la compagnie Nuages en pantalon invite le public à une foisonnante réflexion sur notre réalité collective en se plongeant dans les interstices de sa « genèse ». Tels un essai ou un documentaire en condensé, le projet La fin de la fiction nous propulse de l’invention de l’imprimerie de masse aux plus récentes innovations de l’Internet, en passant par Buffalo Bill, Disney, Timothy Leary et Steve Jobs.

The One Dollar Story : Se déconstruire et se reconstruire

Avant la représentation de The One Dollar Story, la directrice artistique sortante du Théâtre Prospéro, Carmen Jolin – accompagnée de son successeur, Philippe Cyr – vient nous dire quelques mots : « Cette pièce est le fruit d’une collaboration France-Québec débutée en 2016 entre la compagnie Act Opus-Roland Auzet et Le Groupe de la Veillée. Elle a fait l’objet d’un laboratoire dans le cadre de l’édition 2019 de Territoires de paroles ici même. (…) »

Quatre filles : Défier le monde pour être soi-même

Après avoir inspiré des générations de jeunes filles et garçons, avoir été adapté maintes fois pour le petit et le grand écran, dont l’inoubliable version de 1994 mettant notamment en vedette Winona Ryder et Susan Sarandon, le classique de la littérature américaine Little Women, de Louisa May Alcott, renaît ces jours-ci dans une adaptation signée Julie-Anne Ranger-Beauregard. Mais qu’a donc encore aujourd’hui à dire au public du Théâtre Denise-Pelletier cette histoire écrite dans les années 1860 dans le Massachusetts? Le discours féministe de l’autrice américaine et ses réflexions sur le passage ardu de l’adolescence à l’âge adulte et la difficulté de rester ou devenir soi-même n’ont certainement pas pris une ride.

Mademoiselle Julie : Quand l’intensité mène la danse, la tragédie séduit

Après deux ans d’attentes, pandémie oblige, le Rideau Vert accueille enfin Mademoiselle Julie sur sa scène. Si sa version en radiothéâtre diffusée en mars 2020 avait connu un certain succès auprès des auditeurs, cette version scénique adaptée et mise en scène par Serge Denoncourt mérite certainement d’être appréciée en salle. Portée par une Magalie Lépine-Blondeau des plus flamboyantes qui donne la réplique à un David Boutin dans la peau d’un valet impitoyable, la tragédie d’August Strindberg gagne en intensité. Au foudroyant duo se greffe une Kim Despatis qui offre une performance tout en contrôle. Le public assiste à un spectacle où le désir et la raison s’affrontent dans une lutte opposant l’aristocratie au peuple ridiculement sans issue, mais dont l’émoi qu’elle provoque ne peut laisser indifférent.

L’ENVERS : un chaos aux allures surréalistes

Qui, enfant, n’a pas joué au restaurant, comme on joue à l’école ou au docteur ? C’est comme si le service de table faisait partie de notre ADN et on oublie souvent qu’il s’agit en fait d’un métier qui nécessite de multiples apprentissages. Dans la nouvelle production L’Envers, de la compagnie Parabole, la jeune serveuse en entraînement, Emmanuelle (Laura Amar), l’apprend rapidement à ses dépens.